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19 février 2008 2 19 /02 /février /2008 12:05
Mardi 19 février 2008
 
-criture.JPG
Je tourne la page. Toujours aussi blanche que d'habitude. L'égratigner. La faire saigner. Lui faire rendre l'âme. Vingt dieux comme aurait dit mon arrière grand-père issu du plus profond du terroir, vingt dieux c'est-y ben difficile de torcher un papier, alors que l'cul… En fait mon arrière grand-père n'avait pas fait que planter des choux vu qu'il en était à sa huitième concubine quand je montrai le bout de mes fesses au monde. C'était un siège en effet. Il paraît qu'il s'esclaffa en disant à ma mère, sa petite fille : cré vingt dieux, v'là ben un gaillard! Y montre déjà son cul à la populace! C's'ra sûrement un pol'tique ou un écrivaillon. Ma mère, si délicate, ne put s'empêcher de le tancer d'un vert : Pépé, enfin! Mais le mal était fait. Mon destin venait d'être inscrit. Dès lors l'histoire se répéta de bouche en oreille et mon enfance baigna dans le flot incessant de cette prédestination. Tiens la plage se remplit. Moins blanche qu'il y a quelques minutes. Je gagne une puis deux précieuses lignes.
La porte émet un bruit sourd, mat. Je sursaute.
"C'est qui? je crie connement.
- Le pape, sombre abruti!
La porte vient de céder à la poussée de cet homme terrible qu'est mon père. Deux mètres pile! Face aussi d'ailleurs. Un débardeur en plus costaud. Pourtant c'est la douceur même. De ma vie je ne l'ai jamais entendu que chanter. Par contre, quel organe!
- Papa … mais …
- Ton commissaire Grotarin…
- Tarin p'pa …
- Peut-être, mais quel morceau. Il se cache derrière ce p'tit gars. Toujours est-il qu'il est venu m'em … ce matin pour me d'mander quel genre d'enfant t'étais petit.
- Et?
- Ben j'lui ai dit ta carrière prédestinée par pépé. Ca l'a fait rigoler ce grotarin. Pour une fois j'aurais bien écrabouillé cette citrouille!
- C'est vrai. Un peu antipathique!
- Qu'est-il donc arrivé réellement fils?"
Je lui relatai les derniers évènements. Il me regarda subitement et me dit :
"Tu la tiens ton histoire p'tit gars. Alors fonce. Ton cousin 'toine va venir te donner un coup d'main. Tu sais l'toine qu'était chez les paras.
- Vrai? Alors, il va y avoir de l'ambiance!"
Antoine est un véritable athlète. Sportif jusqu'au bout des ongles, il s'était engagé à seize ans pour voir du pays plutôt que de labourer. Et du pays, il en avait vu … de toutes les couleurs … Après vingt cinq ans de baroude, comme il le dit encore, il quitta l'armée. Elle lui avait apporté l'aventure. Pas la fortune! Et depuis les deux ans où il était devenu civil, il n'avait pu s'empêcher de créer son agence de détective dont il était seul maître et employé. Ca l'amusait de suivre des femmes qui, paraît-il, trompaient leurs maris. Éventuellement il les aidait dans ce sens. Il touchait des deux côtés comme il nous racontait d'un air guilleret et bien dans le bon sens paysan. Comme disait p'pa, il ne faisait pas honte à ses origines. Moi, j'étais plutôt le désespoir. Pas foutu d'engrosser une nana! En fait, je ne me sentais aucune veine paternelle. Ce qui ne m'empêchait jamais de tremper mon biscuit un peu partout, histoire de comparer. P'pa trouvait ça normal mais, disait-il, faut avoir une officielle et lui foutre une demi-douzaine de gosses si on veut continuer la famille. Et de me citer les exemples de la famille, mes nombreux oncles, tantes, frères, sœurs, … Je résistais désespérément à toute sollicitation définitive. J'étais un cueilleur, pas un coureur de fond!
Je réalisai que p'pa me secouait gentiment en me disant :
" Eh grand nigaud, rêve pas comme ça! Tu vas voir! Vous allez avoir du sport avec l'toine!
- Mais p'pa, les flics …
- T'en fais pas. L'toine les as dans sa poche.
La poche … devant moi, les mains et les pieds couraient effarants de réalité. Que dire? P'pa ne se rendait pas compte qu'il s'agissait d'une affaire sérieuse.
- Eh fils! C'est pour ton bien qu'il vient habiter chez toi quelque temps l'toine. Tu piges?
- Je …" C'était curieux de comprendre soudain que p'pa cherchait à me protéger à mon âge. Trente cinq ans. Pas manchot. Plutôt même l'opposé. Ah! Les pères sont bien surprenants!
La conversation dévia peu à peu vers le sujet de prédilection de mon père qui me vantait les charmes d'une de mes amies d'enfance qui était vraiment devenue une "beauté" et qui me ferait sans doute de beaux enfants pour peu que je lui demande. En plus, elle était revenue au village comme instit' et tout le monde l'adorait. Je priai p'pa de s'occuper de sa maison plutôt que de la mienne. Il fut chagriné mais pas convaincu puisqu'avec l'entêtement parfait du paysan, il continua à me parler d'Anna. Je me rappelais bien de ce visage doux, un peu triste et sérieux qui la mettait à part des autres toujours prêtes à parler de leurs petits amis, petites amours. Nul ne semblait avoir conquis son cœur quand je la perdis de vue vers dix huit ans. Elle partit à la ville avec sa mère, suite au décès brutal de son père tombé d'un toit en réfection. Ainsi, elle revenait. Curieux quand même cet attrait du passé. Instit' ! Elle était devenue ce qu'elle disait enfant. Prédestinée aussi?
Me voyant de nouveau songeur, père poussa son avantage devinant mes pensées. "Ta mère voudrait bien que tu viennes ce week end. Tu viendras, s'pas!"
Je promis machinalement croyant ainsi qu'il me laisserait en paix. Bien au contraire, il se lança dans une longue apologie de ma mère recensant ses multiples qualités, tant au niveau travail qu'au niveau amour. Là, je trouvais qu'il exagérait, lui qui n'avait jamais cessé de la tromper avec une constance remarquable. Mais je sentis pourtant qu'il disait la vérité, celle du moment en tout cas. Les larmes lui venaient aux yeux en découvrant les qualités de celle dont il partageait la couche depuis plus de quarante cinq ans. Enfin, p'pa se leva et m'annonça en m'embrassant que l'toine arriverait vers dix neuf heures.
 
Les choses auraient pu en rester là. Seulement … je me penchai derechef sur ma machine à écraser les mots - faut dire que je frappe comme un karatéman sur ma pauvre machine à écrire. Et puis, elle m'énerve cette andouille, toujours en retard de plusieurs longueurs sur mes pensées. D'ailleurs c'est fou ce truc. On est là à imaginer ses personnages, tranquille quoi. Ils envahissent l'esprit. Ils rient. Ils baisent. Ils agissent. Tout cela à la vitesse habituelle de l'action - en temps réel, hein? Et cette pouffe de machine n'arrive pas à les suivre. Je croyais que ce serait mieux que le stylo. Je déchante.
Bon. Une main, non deux, les deux dans la bouche, la tête sous le bras. Putain qui croira un truc pareil. Le père est dingue. C'est pas une histoire. C'est la réalité. Personne gobera ça!
 
A suivre …
 
Une pub belge qui me paraît convenir. Mais repassera-t-elle cette pièce ?
Voici « Petits meurtres entre nous »
 

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