Dimanche 3 février 2008
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Un énorme problème le réveil du matin. On entend un grelot terrifiant qui vient nous arracher à nos rêves – beaux ou mauvais, peu importe – et on est
là, pantelant à se demander quel est l’abruti qui a inventé un tel objet de torture. On refuse d’émerger. On se lamente sur tout ce que l’on vivait ailleurs, dans cet ailleurs qui ne nous lâche
jamais, qui nous poursuit durant toute notre vie, jusqu’à notre dernier souffle.
Mais qu’est donc cet ailleurs que l’on veut saisir à travers nos rêves ?
Je préviens tout de suite : je suis un incroyant. La seule chose que je puis croire est celle qui se manifeste à moi. Or, malgré toutes leurs promesses, jamais
ceux qui se sont réclamés d’un ailleurs, d’un au-delà de la mort, ne se sont manifestés sauf à des personnes fortement secouées psychologiquement ou celles qui veulent à tout prix y croire. J’y
viendrai !
La pensée la plus raisonnable est sûrement celle qui fait appel à cette fantastique mémorisation que nous ne cessons d’entretenir de notre premier jour
(peut-être même avant, dans le ventre maternel) jusqu’au dernier. Malgré nous, ce fantastique organe que l’on appelle cerveau, ne cesse d’enregistrer et, certainement, dans nos rêves, les images
emmagasinées aujourd’hui, hier ou il y a 10, 20 ans et plus, se mêlent et se démêlent, construisent de façon purement aléatoires des allégories, des tronçons d’histoires, … et ces histoires où
nous ne risquons rien, car physiquement, nous le savons, hé bien ces histoires nous séduisent et nous refusons de les quitter. Nous leur accordons une pensée attendrie, émue qui nous les rend –
même lorsqu’elles sont terrifiantes – dignes d’intérêt, dignes d’être décryptées, embellies, …, plus vrais que vrais, plus vivantes que cette triste mort que nous vivons au quotidien, ce
quotidien qui nous pourrit la vie.
Mais, ce n’est que mon interprétation car, comme la plupart des hommes, je me souviens rarement de mes rêves si ce n’est de bribes qui me paraissent tellement belles
et agréables que j’en suis tout ébloui.
Les rêves guident la vie, dit-on. Alors, qui me guide si je ne rêve pas ? Sans croyance, sans réelles attaches, j’erre comme un enfant qui va d’une
découverte à l’autre. Et je m’interroge – c’est normal, vu mon nom – sur le sens de ma vie, boussole folle oscillant d’un bâbord à un tribord, de la poupe à la proue, à travers vents, marées, je
vais poussé par je ne sais quel obscur dessein.
Et le réveil me guette, me dit d’aller droit, d’aller vers ce travail, bourreau de la petite humanité, de la piétaille dont je me sens membre. Une fois de plus, mes
pieds descendent sur terre. Mon corps suit. Eau. Savon. Serviette. Vêtements. Corps sans âme, âme abandonnée dans l’obscurité des rêves. Pas à pas, j’avance vers le déplaisir. Vivement la grasse
matinée dominicale où le réveil n’existe plus, où le lever est méprisé, où le rêve est rejoint, fidèle compagnon d’infortune.
Par socrate
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Publié dans : Comment faire ... pour se lever le matin
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