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Comment faire ... lire

Jeudi 22 janvier 2009

 

Conrad Redman, jeune producteur de télévision, a été largué par Lilian Irish, la magnifique Lily, actrice de télé, spécialisée dans les pubs. Six semaines se sont écoulées.

Ce jour-là, Lily téléphone à Conrad pour l'inviter à venir déjeuner avec elle, en tête à tête, au "Le Corbusier" restaurant de classe. Conrad, toujours follement amoureux d'elle, se précipite. Il espère que les morceaux vont recoller et, de nouveau, être près d'elle.

Les voici installés dans cette splendide salle du restaurant huppé de Londres et, soudain, le drame. Un homme, en habit de cycliste, arrive, sort un pistolet, tire et tue Lily de 3 balles puis blesse grièvement Conrad de 3 balles... aussi! L'assassin est immédiatement arrêté par la police et refuse de s'expliquer. Un tueur ! Oui, mais qui le paye ?


Six mois plus tard, Conrad resté dans le coma six semaines, opéré des intestins - il lui en manque désormais un bon morceau, dame, une balle ça fait des dégâts ! - sort enfin de l'höpital, à peu près vaillant. Il veut à tout prix savoir qui est derrière ce double meurtre. Les surprises s'accumulent.  Lily en a fait son légataire universel. Mais la mère de celle-ci lui affirme que sa fille souhaitait changer son testament afin de tout lui léguer à elle et non à lui. Comme si elle avait besoin de cela, elle qui est riche ! La situation est terriblement embrouillée. Le voilà enquêtant. Face à lui, les flics qui ne supportent pas qu'un petit emmerdeur viennent déranger leurs plans. Mais aussi 2 bandes rivales qui vont chercher à, les uns l'empêcher de découvrir la réalité, les autres chercher à l'aider... mais de quelle manière!


Conrad enquête et apprend que Lily était enceinte. L'enfant est-il de lui? Garçon ou fille? Il va donc remuer la boue pour arriver à savoir tout cela. La psychologue-inspectrice qui l'a en charge s'efforce de le raisonner afin qu'il ne vienne pas déranger les plans de la police qui "sait ce qu'elle fait"! Mais Conrad veut savoir. Il découvre que Lily le trompait avec un vieil acteur de théâtre. Peu à peu, il comprend le rôle de celui-ci et de sa femme. Alors, il prépare sa vengeance. Hélas pour lui, la vérité est juste un peu décalée par rapport à ce qu'il a imaginé. Peut-être pire d'ailleurs ! Conrad ira pourtant au bout de sa vengeance. Pour savoir laquelle, il suffit de lire le livre.


Bonne lecture.


L'ouvrage est subtil et le lecteur est invité à participer pleinement à la douloureuse expérience de Conrad. Le style est vif, bien maîtrisé. L'auteur sait conter !


Mais, qui est l'auteur ?

  

L'audacieux Toby Litt est né à Bedford en 1968. En quatre romans, Doux carnage Qui a peur de Victoria About?, Gang (Éditions du Seuil) et Fantômes (Éditions du Panama), il est devenu l'un des chefs de file de la nouvelle littérature anglaise. Se réinventant sans cesse, il s'est imposé comme un auteur culte.


Je découvre cet auteur au hasard de mes visites en bibliothèque. J'avoue ne pas être déçu. Je pense lire autre chose de lui, peut-être Fantômes dont le titre est alléchant.


Maintenant, pour vous mettre dans l'ambiance, une petite visite de Londres vous fera le plus grand bien. Vidéo trouvée sur YouTube et réalisée par un certain Claude.


Visite de Londres ...


 


Bien à vous,


Socrate


Par socrate
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Mardi 20 janvier 2009

Je viens d'achever un bouquin totalement loufoque et suprêmement maîtrisé. Il s'agit de « Perdu dans un supermarché » de Svetislav BASARA.


Basara est Serbe, né en 1953. Il exerce la profession de diplomate et, parallèlement celle d'écrivain, d'éditorialiste et, surtout, il est spécialiste de l'absurde.


Le livre n'est pas traduit en France car la France est un grand pays qui ne traduit jamais de telles absurdités. Les français étant visiblement imperméables à cette forme d'humour. Toujours est-il que nos cousins canadiens se montrent beaucoup plus ouverts à l'écriture variée, dans tous ses états. Conséquence : le livre est traduit au Canada-Québec aux Éditions Les Allusifs. J'en profite pour saluer le traducteur qui a dû transpirer pour rendre la complexité d'un tel livre.


De quoi s'agit-il ?


Un recueil de nouvelles, du moins le croit-on de prime abord vu qu'il contient en effet 22 nouvelles, s'approchant plus souvent des Brèves (2 à 20 pages) que de la Nouvelle à laquelle nous sommes habitués.


Cependant, je vois l'ensemble du bouquin comme une nouvelle de 178 pages du fait même que les sujets sont sans cesse présents de l'une à l'autre. Le personnage central va se rendre en Chine pour remplacer on ne sait qui mais il y va. De temps à autre, il va croiser cet autre qui lui a permis d'être là.


Mais cet autre, est-ce un autre ou lui-même ou l'autre de lui-même ? Là commence la cacophonie intellectuelle. Une maïeutique revue et corrigée par un auteur farceur et rigolard. Le voilà soudain chez Agatha Christie cherchant à réaliser le crime parfait Celui-ci revient jusqu'à la fin du recueil. Puis il croise d'autres personnages célèbres tel Étiemble, Darwin, Nietzsche, Hegel, Freud, ..., et bien d'autres. On comprend que ce pauvre homme commence à être un peu dérangé.


Mais, ce serait une erreur grossière de prendre cet anti-héros comme quelqu'un ayant perdu tout repère. En fait, il a les pieds sur terre, pour ne pas dire qu'il est terre à terre. Le voilà analysant les phrases de l'écrivain, cherchant à dialoguer avec lui. Lui l'être créé par la volonté de l'auteur veut à tout prix que ce dernier modifie sa prose. Et puis, il se rend à l'évidence. Si l'auteur lui donne un destin heureux, il ne sert à rien d'écrire ce que tout le monde a déjà écrit. Le voilà condamné à revenir sans cesse, à revivre sans cesse, à être le héros écrivant et le héros « fin » clôturant toute histoire.

Comme il le dit lui-même : Une porte est « Entrée » dans un sens et, dès qu'on l'a franchi elle devient tout autre. Elle est désormais « Sortie ».

Alors quel lien, quelle crédibilité accorder à une porte ? Elle est l'objet duplice par excellence.


Nietzsche n'a jamais trouvé aussi bien pour montrer la duplicité des choses qui ne sont jamais elle pour elle, mais elle pour autre chose. Je vous l'ai dit c'est simple et drôle et terrifiant à la fois. L'ensemble repose une vieille question philosophique : Être pour être ou Être en étant ? Ou ... mais je vous renvoie aux grands philosophes qui ont abordé ces sujets.


Voici longtemps que je n'avais autant ri, atteint par le rire d'une blessure mortelle. Car, Basara, sous ces interrogations absurdes de tout : qu'est-ce que le sujet fait là ? Faut-il mettre en apposition ou non ? Comment réagirait Darwin face à la question actuelle de l'existence ? Basara donc, remet en jeu la fatuité de l'existence. Qui suis-je ? Que fais-je ? Où erre-je ?... et l'on est surpris de rire en même temps que surpris de la tristesse qui nous accapare soudain.


L'auteur n'a pas tort de faire dire à son double de papier « Je suis le plus grand philosophe ».


Pour finir sur une note du livre :

« Les morts ne peuvent tenir debout, mais en revanche les vivants dorment couchés et c'est ce lien mystique qui lie le monde des vivants au monde des morts. »

Imparable !


Je me suis efforcé de rendre la substance du livre en vous perdant dedans. Mes pauvres ! Allez, ressaisissez-vous. Ne faites pas comme ce héros de papier. Ne restez pas assis face à un mur en attendant la fin.

J'ai évité de vous parler d'Anna, héroïne du livre. Hé oui, il en fallait bien une pour que ce recueil soit complet, non ?

J'ose espérer que vous irez le livre car, franchement, il en vaut la peine !



 

 



Voici, pour finir, une chanson oubliée. Elle vous plaira c'est sûr ! De plus, après la vidéo, vous avez les paroles ; Vous êtes gâtés ! Vous me l'apprendrez par cœur pour notre prochaine rencontre ! Allez, fissa !!


La vie s'écoule la vie s'enfuit (Vaneigem - Lemmonier)





LA VIE S'ECOULE,
LA VIE S'ENFUIT

La vie s'écoule, la vie s'enfuit
Les jours défilent au pas de l'ennui
Parti des rouges, parti des gris
Nos révolutions sont trahies

Le travail tue, le travail paie
Le temps s'achète au supermarché
Le temps payé ne revient plus
La jeunesse meurt de temps perdu

Les yeux faits pour l'amour d'aimer
Sont le reflet d'un monde d'objets.
Sans rêve et sans réalité
Aux images nous sommes condamnés

Les fusillés, les affamés
Viennent vers nous du fond du passé
Rien n'a changé mais tout commence
Et va mûrir dans la violence

Brûlez, repaires de curés,
Nids de marchands, de policiers
Au vent qui sème la tempête
Se récoltent les jours de fête

Les fusils sur nous dirigés
Contre les chefs vont se retourner
Plus de dirigeants, plus d'État
Pour profiter de nos combats

Paroles de Raoul Vaneigem
Musique de Francis Lemonnier




Vous avez tiré le bon numéro aujourd'hui ! Une deuxième chanson sympa pour vous remettre dans votre vie, OK ?


Nicolas&Ségolène - Les musclés





Parodie de Nicolas & Marjolaine par Les Musclés avec Nicolas et Ségolène.

PAROLES :

ON LES VOIT TOUJOURS ENSEMBLE,
NICOLAS ET SEGOLENE
ON DIT MEME QU’ILS SE RESSEMBLENT
NICOLAS ET SEGOLENE
DEUX ENFANTS QUI NOUS RASSEMBLENT
POUR LES ELECTIONS PROCHAINES

NICOLAS ET SEGOLENE
NE PENSENT QU’À NOS PROBLÈMES
ET LA VIE QUI LES ENTRAINE
A TOUT JAMAIS LES ENCHAINE

LORSQUE LES BANLIEUES S’ENRAGENT
NICOLAS ET SEGOLENE
REAGISSENT AVEC COURAGE
LUI LES NETTOIE AU KARCHER
SEGOLENE EST BIEN PLUS SAGE
ELLE LES DONNE AUX MILITAIRES

NICOLAS ET SEGOLENE
SAVENT RESOUDRE TOUS NOS PROBLEMES
ET LA VIE QUI LES ENTRAINE
A TOUT JAMAIS LES ENCHAINE

ON NE LES VOIT PLUS ENSEMBLE
NICOLAS ET SEGOLENE
SEGOLENE S’EN EST ALLÉE
EN HOLLANDE SE RACHETER
NICOLAS EST DEPRIMÉ
IL NE SAIT S’IL Y A GAGNÉ

NICOLAS ET SEGOLENE
ONT EUX MEME BIEN DES PROBLEMES
JOURS DE JOIES ET JOURS DE PEINES
C’EST LA VIE QUI SE DECHAINE

NICOLAS ET SEGOLENE
ECOUTEZ NOUS LES MUSCLÉS
SI VOUS VOUS DISIEZ JE T’AIME
C’EST SUR QUE VOUS GAGNERIEZ !



Alors, Heureux? Il vous soigne votre,


Socrate







Par socrate
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Dimanche 16 mars 2008
Dimanche 16 mars 2008
Voici, pour la vingt-huitième fois, le salon du livre de Paris qui ouvre ces portes. Et, pour la vingt-huitième fois, je suis là (n’en déduisez pas que je m’y rends en fauteuil roulant ! ce serait exagéré !). Je fais partie des inconditionnels de cette manifestation, même si ce sont les marchands du temple les grands gagnants, je persiste à dire merci à Jack Lang qui est à l’origine de cette manifestation (entre nous, il était encore de gauche à l’époque ! Comme quoi, en vieillissant, on ne se bonifie pas ! Regardez Kouchner et autres donneurs de leçons…). Je suis allé sur le site du salon. Je voulais en dresser un historique relatif. Vous l’avez, ici :
2008 : En cours, voyons ! Porte de Versailles
2007 Pas d’infos précises sur le site du Salon Porte de Versailles
2006 - 17 au 22 mars - Porte de Versailles
174 000 visiteurs
Francofffonies! invité d'honneur : Auteurs invités
Création du Carton de vernissage : Barbara Bui (couturière)
2005 - 18 au 23 mars - Porte de Versailles
165 000 visiteurs
La Russie invitée d'honneur : Auteurs invités
Création du carton vernissage : Gaspard Yurkievich (couturier)
2004 - 19 au 24 mars - Porte de Versailles
185 000 visiteurs
La Chine invité d'honneur : Auteurs invités
Création du carton vernissage : Fanfan Li pour Céline (couturier)
2003 - 21 au 26 mars - Porte de Versailles
185 000 visiteurs
La Flandre et les Pays-Bas invités d'honneur : Auteurs invités
Création du carton vernissage : Benoît (illustrateur)
2002 - 22 au 27 mars - Porte de Versailles
219 000 visiteurs
L'Italie invitée d'honneur : Auteurs invités
Création du carton vernissage : Giorgio Armani (couturier)
2001 - 16 au 21 mars - Porte de Versailles
235 000 visiteurs
L'Allemagne invitée d'honneur : Auteurs invités
Création du carton vernissage : Karl Lagerfeld (couturier)
2000 - 17 au 22 mars - Porte de Versailles
241 000 visiteurs
Le Portugal invité d'honneur : Auteurs invités
Création du carton vernissage : Yves Saint-Laurent (couturier)
1999 - 19 au 24 mars - Porte de Versailles
223 000 visiteurs
Le Québec invité d'honneur : Auteurs invités
Création du carton vernissage : Sonia Rykiel (couturier)
1998 - 20 au 25 mars - Porte de Versailles
220 600 visiteurs
Le Brésil invité d'honneur : Auteurs invités
Création du carton vernissage : Christian Lacroix (couturier)
1997 - 12 au 17 mars - Porte de Versailles
210 000 visiteurs
Le Japon invité d'honneur : Auteurs invités
Création du carton vernissage : Jean-Charles Castelbajac (couturier)
1996 - 22 au 27 mars - Porte de Versailles
201 101 visiteurs
Les Etats-Unis invités d'honneur : Auteurs invités
1995 - 17 au 22 mars - Porte de Versailles
181 141 visiteurs
L'Espagne invitée d'honneur : Auteurs invités
Après 14 ans au Grand Palais – qui avait ma préférence très nette – celui-ci ayant été mis en réfection, le Salon fut transporté à la Porte de Versailles, Palais des Expositions que je n’aime pas (froideur des nouvelles architectures)
1994 - 23 au 28 mars - Porte de Versailles
175 000 visiteurs
L'Italie invitée d'honneur
1993 - 17 au 22 mars - Grand Palais
150 113 visiteurs
1992 - 20 au 25 mars - Grand Palais
153 656 visiteurs
L'Espagne invitée d'honneur
1991 - 22 au 27 mars - Grand Palais
147 830 visiteurs
1990 - 24 au 28 mars - Grand Palais
136 046 visiteurs
1989 - 19 au 25 mai - Porte de Versailles
137 432 visiteurs
L'Allemagne invitée d'honneur
1988 - 14 au 20 avril - Porte de Versailles
201 952 visiteurs
La Grande-Bretagne invitée d'honneur
1987 - 19 au 25 mars - Grand Palais
209 254 visiteurs
1986 - 20 au 26 mars - Grand Palais
182 365 visiteurs
1985 - 22 au 27 mars - Grand Palais
174 764 visiteurs
1984 - 23 au 28 mars - Grand Palais
159 061 visiteurs
1983 - 15 au 20 avril - Grand Palais
132 751 visiteurs
1982 - 26 au 31 mars - Grand Palais
120 000 visiteurs
1981 - 23 au 27 mai - Grand Palais
117 000 visiteurs
 
A vue de nez, on peut voir que la progression fut constante de 1981 à 2001, puis une baisse sensible qui continue actuellement. Effet de société qui ne veut plus lire ? Ou de pouvoir économique – les livres coûtent chers ! – qui peut le dire ?
Après cette mise en bouche, je vous raconte ma visite. Au fait, avez- vous regardé la vidéo que j’ai conçu pour vous dans la douleur de l’enfantement ? Non ! Il va y avoir des punitions !!
Samedi, heure indéfinie mais tôt pour un samedi, je m’extrais de mon plumard. A tâtons je parviens dans la cuisine où je me sustente fébrilement. Soja, café (non, pas de pousse café, je n’en suis pas encore là), pain, miel (depuis ma lecture des Mille et une nuits, je suis un adepte du miel. Lisez-les, vous comprendrez pourquoi). Petit coup de décrassage rapide – je ne suis pas fan de la douche à tout crin dont tous usent alors qu’ils n’ont fait aucun effort pour se salir ! Enfin ! Chacun son truc ! Direction la gare. Un train file devant moi. Impossible de le rattraper. Attente.
C’est parti :
Voyage sans encombre jusqu’à Paris. Puis métro quelque peu bondé ! Jusqu’à la porte de Versailles. Enfin, le Salon.
 

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Attente. Entrée. Fouille car, sait-on jamais… Je me fais houspiller car j’ai un canif sur moi (il ne me quitte pas depuis plus de 40 ans !). J’ai envie de calotter ce petit idiot de gamin. Je parlemente. Non, je garde mon canif. Avec ça, je ne risque pas de tuer quelqu’un… sinon, j’aurais commencé par ce petit pédant, imbu de ses petits pouvoirs. Intervention d’un de ses collègues qui hausse les épaules et lui dit : ça suffit. Je passe.
Re-queue à la caisse. 7 € l’entrée ! C’est cher et il ne donne même pas un bouquin en échange. Il y a 3 ans c’était 4,50 €. Cher déjà, mais là… l’ère Sarko : gagnez plus en truandant plus !
Enfin dans la place !
Direction les éditeurs dits « petits » et ceux des DOM-TOM. Leurs livres ne se trouvent pas en librairie. Donc, ce sont eux que je viens voir. Les éternels Gallimard, Le Seuil, Flammarion, … on les trouve partout. Il pourrait se dispenser d’être sur ce salon, non ?
Je navigue dans les allées et vois un petit stand avec un grand monsieur :
07-Max-Elysee.JPG Max Élisée, né le 26 avril 1947 à Macouba en Martinique.
Mémoires d'un Chabin, publié en 2000, réédité en 2002. Un chabin est un noir né blanc de peau. Ce qui arrive de temps à autre. Cette particularité lui donne, d’après la superstition, certains pouvoirs de voyance …
Un jour, je te dirai..., 2003
Le Kishkanu Noir, ou le songe du Flamboyant, 2007
Max Elisée est un homme sympathique et direct. Je lirai volontiers ses livres dans un avenir proche. L’écriture est proche de celle de Chamoiseau, paraît-il.
J’en profite pour ouvrir une parenthèse et vous recommander « Hadriana dans tous mes rêves » de René Depestre, magnifique roman qui se déroule à Haïti.
Nous avons discuté un moment. Il m’a expliqué que son roman Le Kishkanu Noir, dernier né, se déroule du Vaucluse (où il habite actuellement) à la Martinique (où il se rend tous les 3 ans environ). En riant, il me glisse « C’est un roman du Mont Ventoux à la montagne Pelée ». Photo. Pas de doute, ça commence bien.
Je traverse une allée et me retrouve au stand des îles du Pacifique :
08-l-Oc-anie.JPG Vanuatu, Wallis, Futuna, la Nouvelle Calédonie.
C’est cette dernière île qui m’attire. J’y ai vécu une partie de ma jeunesse et garde une grande nostalgie de mon séjour. J’ai habité Nouméa, ville bigarrée et joyeuse. Puis Hienghène, patrie de l’indépendantiste Jean-Marie-Tjibaou. Hienghène signifie dans la langue, « celui qu’on pleure », et c’est bien ainsi que je l’ai vécu et que je le vis encore. C’est étrange qu’un endroit aussi beau, ait été le lieu de crimes épouvantables (10 mélanésiens assassinés dans une embuscade par des personnes que je connaissais bien et qui, certes, étaient un peu exaltées, mais…Deux frères de Tjibaou furent tués. Ils habitaient à côté de chez moi.). Nostalgie !
hamid.jpg J’ai rencontré là, Hamid Mokaddem qui a « commis » me dit-il, un livre sur Tjibaou « Ce souffle venu des ancêtres, l’œuvre politique de JM Tjibaou ». Nous avons parlé un moment. Il m’a appris que la côte Est (où se situe Hienghène) était désertée par les blancs à l’exception de Touho (où il a habité et connu de mes amis de ce lointain pays) et Poindimié. « Les temps changent » dit-il en souriant. Oh combien, oui !
Fils d’immigré algérien en France, Hamid Mokaddem a découvert la Nouvelle-Calédonie en 1989. Ecrivain et éditeur, il y enseigne la philosophie. Son dernier ouvrage, Ce souffle venu des ancêtres... L’œuvre politique de Jean-Marie Tjibaou (1936-1989), analyse l’action et la vie du grand homme politique kanak.
17-publibook2.JPG D’allées en allées, d’auteurs photographiés à d’autres, j’arrive vers un stand dont les couleurs chatoient : Publibook
Là, je réalise quelques photos, puis m’approche d’un homme souriant. Nous discutons longtemps. 

Homme chaleureux, poète serbe émigré en France depuis 1963, il me raconte son peuple et sa douleur de le voir ainsi mourir. Il s’appelle Zivojin 18-Z-Z-Pavlovic--po-te-serbe.JPG Zika PAVLOVIC.
Le temps passe sans nous arrêter. Soudain, il me dit « Je vous offre mon livre.
-       Pourquoi ?
-       Par amitié entre nos peuples. Et puis, parce que nous avons parlé ensemble et, ça … »
Sa femme vient nous rejoindre. Nous parlons un peu de tout. Il me demande de lui écrire. Evidemment, je le ferai. C’est si rare de rencontrer des personnes chaleureuses.
Un petit poème de lui, extrait de son livre « Les filles du monde »
Un jour
Quand je disparaîtrai
dans les nuages de la mort.
 
Regardez des fois le ciel,
peut-être que ma larme tombera
avec la pluie et arrosera la fleur de la jeunesse
et les routes où nous passions ensemble.
 
Paris, 12 décembre 2000

Sa femme traduit ses livres de poésie.
J’ai continué mon errance dans ces allées de plus en plus emplies de monde.
Provinces, Bourgogne, Ile de France, Alsace, … et je suis arrivé, après la Belgique et Geluck, le père du fameux Chat, face au stand canadien.
34-Latif-Ghattas-Mona.JPG Rencontre avec une écrivaine canadienne : Mona LATIF-GHATTAS.
Egyptienne de naissance, émigrée à 19 ans au Canada où elle vit et écrit. Femme sympathique qui m’incitera durant notre entretien, à venir au Canada. Oui, mais, il fait trop froid ! L’été, c’est supportable. Il fait beau. Nous rions. Vous savez, vous viendrez un jour. Hum… j’ai des doutes. Il ne faut douter de rien. Elle a un petit accent charmant qu’elle a attrapé au contact de nos cousins du Québec.
Petite biographie : Le Caire, le 7 août 1946, naissance - Poète, romancière, adepte de récitals, compositrice de musique populaire et metteur en scène, Mona Latif-Ghattas vit à Montréal depuis 1966. Elle a étudié le théâtre à l'Université du Québec en 1976 et elle a obtenu une maîtrise en création dramatique de l'Université de Montréal en 1980.
Bibliographie sommaire : Ambre et lumière, 2006 – Momo et Loulou, 2004 - …
J’ai continué ma longue marche comme aurait dit Mao.
Au détour d’un stand, je rencontre une personne que je connais bien, avec qui j’ai suivi il y a longtemps, une journée d’écriture.
32-Victor-Bouadjo---crire-aujourd-hui.JPG Victor Bouadjio, écrivain, animateur d’ateliers d’écriture, directeur des éditions Ecrire Aujourd’hui dont vous connaissez sans doute le magazine.
Français d'origine camerounaise, Victor Bouadjio est romancier, essayiste et directeur de la revue littéraire francophone ECRIRE MAGAZINE. Le siège social de la revue est basé à Cholet. C'est donc tout naturellement qu'il est devenu un ami sincère et coopérateur de l'association ENCRES VIVES. En 1990, avec son roman "Demain est encore loin", il obtient le Grand Prix de l'Afrique noire. Il publie, et coécrit, en 1995, SCRIPTOR, le monde de l'écrit et de l'édition, aux éditions Ecrire Aujourd'hui. En 1998, édité par l'Institut de Monde Noir, il fait un bilan dans un essai "ESCLAVAGE, 150 ANS APRES". En 1999, aux Editions de l'Hèbe, un second roman "LE MBA".
Actuellement, Victor termine un nouveau roman. Nous parlons d’hier et aussi de nos projets. Je lui parle de mon blog sur lequel il viendra sans doute. A bientôt Victor.
Ainsi qu’un retour sur un blog écrit par une ancienne condisciple : http://sylvielasserre.blogs.com/mon_weblog/2005/02/victor.html
Un peu fatigué. Je n’ai pas chômé, une fois de plus. Mais, le plaisir, hein …
37-Isra-l-copie-1.JPG Et j’ai marché, marché, …, un jour pour … (air connu, non ? évidemment, les paroles ...)
J’ai rencontré le Brésil, isolé dans un coin, avec des romans intéressants mais si peu traduits … J’ai croisé bien des chemins autres : J’ai entraperçu les invités du Salon : Israël. Hélas, la foule me pressurait, me tanguant de-ci de-là, et j’ai tout juste réussi à photographier Israël de loin.
 
J’ai marché, encore et encore


Je suis arrivé au stand des éditions de l’Olivier où beaucoup attendait Véronique 41-V-ronique-Ovald-.JPG Ovaldé. Je me suis mis dans la file d’attente après avoir été rabroué par une femme furieuse que je n’aie pas remarqué que la queue s’effectuait de l’autre côté. Etrange comme les femmes sont agressives en ce moment. Je me demande pourquoi elle l’était, vu que, lorsque j’ai constaté mon erreur, je me suis excusé et suis allé à la 2ème queue… enfin… Toujours est-il que 

Véronique est arrivée et, avec un grand sourire sympathique, a dédié son livre.
Biographie de Véronique Ovaldé
Après le bac, direction l'école Estienne Véronique Ovaldé passe un BTS édition, une façon comme une autre d'entrer dans le milieu littéraire lorsque l'on ne fait pas partie de ce cercle très fermé. Elle reprend des études de lettres par correspondance, travaille comme chef de fabrication et publie en 2000 un premier roman, 'Le Sommeil des poissons'. En 2002, elle signe, avec 'Toutes choses scintillant', une seconde œuvre remarquée. Elle publie en 2005 'Déloger l'animal', une œuvre incontournable de la rentrée littéraire. Dans son roman à la fois sombre et merveilleux 'Et mon cœur transparent' sorti en 2007, Véronique Ovaldé réussit de nouveau à créer un univers singulier. 
Je parlerai de ce roman un autre jour.
Mon téléphone portable sonne. Ma femme me somme de venir à la sortie. La chaleur est telle qu’elle veut aller s’aérer les poumons. Dommage ! J’avais encore quelques têtes à voir. Je ne puis continuer mes interviews et, un peu triste, mais bien épuisé, je rejoins le devoir conjugal … oh, pardon, ma douce moitié !
A bientôt.
Socrate, je suis.
Par socrate
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